Après 2003, qu'est devenu l'ASH
Mise à jour au 28 mars 2026
À la disparition d'Henri Arnoud en 2003, l'Association Sportive Le Haillan entre dans une nouvelle phase de son histoire.
Le modèle qu'il avait contribué à construire, celui d'un club omnisports structuré, fondé sur la mutualisation, le bénévolat et un lien étroit avec la vie municipale, avait démontré toute son efficacité durant la seconde moitié du XXe siècle. Mais au début des années 2000, ce modèle évolue partout en France.
L'ASH n'échappe pas à ces transformations.
Comme de nombreux clubs omnisports, l'association connaît une recomposition progressive. Certaines sections prennent leur autonomie, portées par une spécialisation accrue des pratiques, des exigences fédérales renforcées et des logiques de gestion propres à chaque discipline.
Il ne s'agit pas d'une rupture brutale.
Plutôt d'un glissement.
Une adaptation progressive à un environnement devenu plus complexe.
Dans ce contexte, l'ASH poursuit son activité, mais sous une forme plus resserrée.
Certaines sections s'inscrivent dans la continuité, en conservant l'esprit associatif et les valeurs fondatrices du club. D'autres évoluent vers des structures indépendantes, mieux adaptées aux contraintes spécifiques, qu'elles soient sportives, administratives ou financières.
Ce mouvement dépasse largement le cadre local. À l'échelle nationale, le modèle omnisports ne disparaît pas. Il se transforme. Certains clubs conservent leur organisation historique, tandis que d'autres se réinventent, se professionnalisent ou redéfinissent leur périmètre.
Un tournant : la section football
Au Haillan, cette évolution prend une forme particulière.
Le départ de la section football ne relève pas du seul mouvement général de recomposition des clubs omnisports.
D'autres sections avaient quitté l'ASH avant elle, le tennis, le handball, la moto. Ces séparations s'étaient faites sans éclat. Le football est le seul cas où la rupture a produit un conflit.
Au sein même de la section, deux visions s'affrontent. Une partie des dirigeants souhaite quitter l'omnisport. D'autres veulent rester dans le cadre de l'ASH. Les premiers montent un projet alternatif et le présentent directement à la mairie, hors de toute procédure associative interne.
La mairie se retrouve face à deux projets concurrents pour une même discipline.
Sa position est claire : une commune de 10 000 habitants ne peut pas financer deux clubs de football. Un choix s'impose.
Les 25 et 28 mai 2021, la France est encore sous couvre-feu, une commission de six élus, quatre de la majorité, deux de l'opposition, auditionne les deux projets. Le 28 mai, avant même la tenue de l'assemblée générale de l'ASH prévue le 5 juin, la commission se prononce à quatre voix contre deux en faveur du nouveau club, Haillan Foot 33.
La subvention municipale allouée au football au sein de l'ASH est transférée directement au nouveau club. Les terrains également. La mairie précise que l'ASH reste libre de maintenir la section. Mais sans infrastructures et sans financement public, la section ne peut pas survivre.
Discipline fondatrice de l'association, créée dès 1963 par Jean Rué, le football occupait une place singulière. Bien au-delà de son poids en nombre de licenciés, il constituait l'un des piliers originels autour duquel s'était structuré l'ensemble du projet omnisports.
Sa sortie du cadre de l'ASH prend dès lors une portée particulière.
Elle ne crée pas la transformation. Elle la rend visible.
L'ASH aujourd'hui
Aujourd'hui, l'ASH poursuit son activité autour des sections qui composent encore son socle associatif. À la date du 28 mars 2026, et sous réserve de mise à jour des informations disponibles, l'association regroupe notamment :
- Athlétisme Santé Loisirs
- Basketball
- Cyclotourisme / VTT
- Gymnastique Artistique et Trampoline
- Gymnastique Volontaire
- Judo
- Randonnée & Montagne
- Sport Éveil Enfants et Multisports Ado Adultes
Cet ensemble témoigne d'une continuité réelle.
Malgré les transformations, le club conserve une diversité de pratiques et une présence active dans la vie locale.
L'association continue ainsi d'exister, de s'adapter et de porter une part de l'héritage construit durant plusieurs décennies. Son rôle évolue, mais son ancrage demeure.
Elle reste un acteur structurant de la vie associative du Haillan, inscrit à la fois dans une histoire longue et dans une mémoire collective encore vive.
Une continuité exigeante
Au fil des années, les équipes dirigeantes qui se succèdent s'attachent à préserver un équilibre délicat, entre adaptation nécessaire et fidélité aux principes fondateurs.
Dans un environnement où les relations entre associations et collectivités peuvent évoluer, elles veillent à maintenir une capacité d'initiative et une autonomie de fonctionnement, dans l'esprit même qui avait présidé à la construction du club.
Cette exigence n'est pas toujours exempte de tensions.
Comme par le passé, certaines décisions extérieures ont pu fragiliser cet équilibre, notamment lorsque des arbitrages locaux ont affecté l'organisation ou le périmètre de certaines sections.
Ces épisodes rappellent que l'histoire de l'ASH ne s'écrit jamais en vase clos. Elle s'inscrit dans un dialogue permanent, parfois exigeant, entre projet associatif et cadre institutionnel.
Une transition, non une rupture
Avec le recul, cette trajectoire apparaît moins comme une rupture que comme une transition.
L'ASH des années 1960 à 2000 incarnait une forme de centralité associative, portée par une forte unité et une vision globale du sport pour tous.
L'ASH d'après 2003 s'inscrit dans un paysage différent, marqué par la diversification des pratiques, l'autonomie des disciplines et la transformation des équilibres locaux.
Et pourtant, une continuité subsiste.
L'esprit fondateur, celui d'un engagement collectif, d'un accès au sport ouvert à tous et d'un lien étroit avec la vie locale, continue de structurer, directement ou indirectement, les pratiques sportives sur la commune.
À ce titre, même transformée, l'ASH demeure indissociable de l'empreinte laissée par Henri Arnoud.
Elle en constitue, aujourd'hui encore, l'un des prolongements les plus visibles.